Du fond du silence,
un chant s'élève, gestuel, déclamé et jubilatoire
: celui de Lors JOUIN...
L'appel est lancé… Et aussitôt lui répond la flûte
traversière au jeu coloré de Jean-Michel VEILLON.
Le souffle grandit, et comme pour les relier à la terre, la basse d'Alain
GENTY tour à tour souterraine, hypnotique et carillonnante les rejoint.
Puis résonnent les martèlements féroces, les boucles
obstinées des peaux frappées ou effleurées : Hopi HOPKINS
et Dom inique MOLARD sont entrés dans le cercle.
Portés par une respiration commune, empreinte de sauvagerie, d'envolées
individuelles et d'échanges spontanés, le groupe TOUD SAMES
ouvre alors à chacun l'espace de tous les possibles. Des échos
lointains dont ils se nourrissent, émergera l'unique de cet instant
: l'éphémère, le silence…
Toud
'Sames à Saint-Brieuc:
Jean-Michel Veillon évoque la création du groupe.
- Jean-Michel Veillon, quelle est l'histoire de Toud 'Sames
?
"Le groupe s'est constitué lors du festival Taol Kurun,
organisé par le comité de soutien à Diwan de Quimperlé,
qui demande chaque année à un musicien ou un chanteur
de s'entourer de façon inhabituelle pour l'occasion. J'ai voulu
créer quelque chose autour de la flûte : or je suis particulièrement
intéressé par les rapports chant-flûte. C'est Lors
Jouin qui a trouvé le nom Toud 'Sames ("Tous ensemble"
en langue bretonne).
Cet été nous avons joué au festival Sea Songs de
l'île de Rhodes, en Grèce, où nous avons rencontré
des musiciens grecs, crétois, bulgares, suédois et tunisiens…Occasionnel
au départ, notre groupe dure puisqu'on nous redemande ! (…)"
OUEST FRANCE Dimanche (14/10/01)
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Toud
'Sames ou l'inédite communion de cinq talents bretons
Toud 'Sames en répétition avant le concert de la Passerelle
à St-Brieuc
(…) Ce qu'ils ont, c'est du talent, une farouche envie de créer
et d'inventer de nouvelles harmonies (…) Ce qu'ils ont aussi,
c'est une jubilation communicative, une vraie faculté de donner
envie d'écouter ce qu'ils font. En laissant libre cours à
l'inspiration individuelle et aux improvisations maîtrisées,
Toud 'Sames ne cesse de réinventer, servi par l'humour tout aussi
maîtrisé de Lors Jouin, chanteur et conteur (…) Mélodies
profondes voire austères alternent avec des créations
plus légères (…)
Avouez que la formation est belle, née de la communion d'indéniables
talents individuels, reconnus par leurs pairs (…) Deux percussionnistes
"un de terre, l'autre d'air", une basse tantôt soliste,
tantôt accompagnatrice, une voix qui se pose sur la flûte
traversière pour un mix détonnant : y a pas à dire,
c'est pas courant effectivement, et carrément novateur en musique
bretonne. (…) Aujourd'hui le groupe n'a plus qu'à tracer
sa route. Avec entre temps, très certainement, la naissance du
premier album. Obligé ! Maintenant que c'est lancé, faut
y aller les gars !
LE TELEGRAMME Saint-Brieuc (18/10/01)
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A
l'écoute de la Bretagne sauvage
Le groupe Toud 'Sames s'est récemment constitué autour
du flûtiste Jean-Michel Veillon. Jeudi dernier ils se sont produits
à la Passerelle à Saint-Brieuc. Leur succès laisse
espérer un disque et beaucoup d'autres concerts.
Lors Jouin collecte depuis vingt ans des chansons à travers la
Bretagne. Comédien autant que chanteur, il raconte et chante
des histoires de boisson, de marins, de déserteurs. Alors, le
vin ne se compte plus en bouteilles mais en cordes et les marins mangent
leur capitaine... Moralité : il vaut mieux être écrivain.
Justement, Lors Jouin est aussi parolier (...) Il émeut la salle
avec une composition écrite pour un ami "parti"…
Surtout, il ne se prend pas au sérieux. L'humour jovial rend
le spectacle "léger, burlesque, interactif" comme il
le souhaite. Complices, les spectateurs continuent à fredonner
avec lui une dernière chanson, tandis que les musiciens, un à
un, quittent la scène à pas de loup.
Les percussions rythment les chants et les airs (…), suggérant
à nos oreilles des paysages marins déchaînés.
Face à face, restés seuls les deux percussionnistes Dom
Molard et Hopi Hopkins se lancent dans une lutte sauvage, s'affrontent
avec frénésie et hypnotisent le spectateur (…) Les
mélodies enivrantes de la flûte enchantée de Jean-Michel
Veillon dialoguent avec d'étranges instruments (…) Le cœur
des spectateurs bat au rythme des tambours et vibre aux notes de la
basse fretless d'Alain Genty. Toud 'Sames aménage des espaces
de liberté à la musique bretonne (…) "Aménager
le silence, explique Lors Jouin, être à l'écoute,
c'est être libre, pouvoir s'évader par la force de la musique".
En effet, dans de frénétiques chevauchées mélodiques,
Toud 'Sames a emporté le spectateur vers des contrées
qu'il n'imaginait pas.
OUEST FRANCE (22/10/01) Concert devant
600 personnes au théâtre de Cornouaille vendredi
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TOUD
'SAMES : traditionnel surréaliste
Toud 'Sames, nouveau groupe de la scène bretonne,
réussit l'exploit de faire du neuf avec du "trad",
tout simplement parce que chacun des membres qui le compose a su atteindre
un niveau tel que, tout en jouant collectif, il se permet d'y ajouter
une touche d'expression personnelle.Vendredi soir, au théâtre
de Cornouaille, le groupe était à la fois émouvant
et drôle.
Jean-Michel Veillon (flûtes), Alain Genty (basse) et Hopi Hopkins
(percussions) formaient la base de Barzaz, formation remarquable
à la trop courte durée de vie (en compagnie de Yann-Fañch
Kemener et Gilles le Bigot). Avec Dominique Molard, autre formidable
percussionniste, ils sont le socle de Toud'Sames (Tous ensemble),
rassemblement au départ ponctuel créé à
l'occasion du festival Taol Kurun à Quimperlé,
et qui a tellement plu que tout le monde en a redemandé. A commencer
par les musiciens eux-mêmes.
Aérienne et mélancolique, la flûte de Veillon semble,
en apesanteur, ré-inventer l'an dro; le rythme comme
martelé par les pas des danseurs invisibles. Et quand le cristal
des percussions s'y joint, que la basse sombre et profonde de Genty
s'y suspend, ce sont des générations paysannes qui vous
déferlent dessus. La symphonie tribale des éléments
naturels, le souffle de la terre.
Et puis il y a Laurent Jouin. Qu'il serait temps de regarder enfin autrement
que comme un amuseur public, même si tout ce qu'il dit ou fait
est comme nappé de drôlerie. C'est que Laurent, grand collecteur
de chants, aime raconter l'histoire de chaque gwerz, chaque
air à danser, et la manière dont ils lui ont été
transmis. Il nous emmène à la rencontre d'agriculteurs
centre-bretons qui commandant le vin par cordes ou de vieilles dames
qui cultivent mousses et lichens, "parce que comme
ça, il n'y a rien à tondre". On passe
du breton au "galleg", voire même à
un anglais extrêmement personnel.
Dans sa bouche, la complainte centenaire est restituée, intacte,
mais aussi d'une étonnante modernité. "Me
m'eus choajet ur bout vestrez", lance-t-il à
la lune, avec des intonations de bluesman qui aurait étudié
la musique arabo-andalouse.
Toud'Sames, c'est une promenade entre Orient et Occident, entre duos
de tablas et gavottes caraïbes, session de pub irlandais et plinn-rock.
La mémoire ne servant pas seulement à perpétuer
la tradition lointaine, c'est sur une poignante mélodie en souvenir
d'un ami perdu il y a un an que le voyage s'achève. Dans une
sorte d'intime communion entre notes et pensées.
Ronan Gorgiard (Ouest France - 18 Mars 2002)
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TOUD
'SAMES : Lors Jouin l'irrésistible :
Vendredi soir, la ville n'était que musique. Les Goristes au
Chapeau rouge, Klaxon rouge sous chapiteau et Toud 'Sames au Théâtre
de Cornouaille. A Paris au Stade de France, évoluaient les "vedettes"
de la Celtie réunie. Pourtant au Théâtre, 400 auditeurs
s'étaient rassemblés pour savourer la musique unique de
Toud 'Sames. (…) Chansons des temps anciens, flûtes traversières
de bois, peaux frottées, doux ruissellement des bambous musicaux,
sons cuivrés de la batterie, on savoure en silence. Les rythmes
changent (…) accompagnant une danse imaginaire. (…) Lors
Jouin, dans un anglais irrésistible, raconte une autre de ses
histoires. Ce moment-là est indescriptible. Le public rit aux
éclats. Puis les percussions et la flûte entrent à
nouveau en scène (…) Sur le plateau comme dans la salle,
tout le monde est heureux. Après de nombreux bis, Lors Jouin
et ses complices ne peuvent se résoudre à quitter ce lieu
magique. Le chanteur entreprend alors de faire chanter ses 400 auditeurs.
Le théâtre s'éclaire. Face à face, on reprend
quelques notes, puis plusieurs, puis toute la chanson. L'émotion
et le plaisir se rejoignent. Quelle belle soirée !
Eliane Faucon-Dumont (Le Télégramme - 18 Mars 2002)
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